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HERBERT R. SOUTHWORTH

 

Herbert Rutledge Southworth naît le 6 février 1908, dans une petite ville de l’Oklahoma. 

Bien qu’attiré par l’étude des livres, il doit, à quinze ans, travailler dans l’industrie du bâtiment puis dans une mine de cuivre de l’Arizona, où il apprend l’espagnol avec des ouvriers mexicains.

L’effondrement du prix du cuivre le laisse sans emploi, mais un travail dans des bibliothèques lui permet d’entrer à l’Université, puis à la Bibliothèque du Congrès à Washington.

Pendant la Guerre d’Espagne, ses articles, résolument antifascistes, le font remarquer par l’ambassadeur espagnol qui l’appelle à travailler à New York.

 

En 1943, recruté par le bureau d’information de guerre des états Unis, il est envoyé en Afrique du Nord où il fonde, après son mariage avec Suzanne MAURY, magistrale à Rabat, la station Radio Tanger.

 

Installé en France depuis 1960, il écrit des ouvrages et des articles qui sont diffusés clandestinement en Espagne :

- en 1663 Le Mythe de la croisade de Franco 

- en 1965 L'Antiphalange 

- en 1975 La Destruction de Guernica : journalisme, diplomatie, propagande et histoire pour lequel il  obtient un doctorat en Sorbonne.

Trois jours avant sa mort, le 30 octobre 1999, il dépose un manuscrit, Conspiracy and the spanish civil war : the brainwashing of Francisco Franco.

 

Sur sa tombe, à Saint-Benoît-du-Sault, des habitants de Guernica ont fait graver une épitaphe dans les trois langues, française, espagnole et basque.

herbert southworth ph anne chatelut pays

photo anne chatelut

herbert southworth le mythe de la croisade de Franco, ed.ruedo iberico.1964.jpg
herbert southworth, antiphalange, ed. ruedo ibérico 1965.jpg
herbert southworth, la destruction de guernica, ed. ruedo ibérico. 1975.jpg

Southworth ou l'objectivité passionnée (extrait)   par  Pierre Vilar

« Southworth, avec son "Guernika" soulèvra des colères. Déjà, ceux qu'il ne ménage pas l'ont souvent   dénoncé comme "propagandiste anti-espagnol". Peu d'étrangers, pourtant, auront autant aimé l'Espagne autant que lui. Il croit seulement que la meilleure façon d'aimer un pays est d'essayer e le comprendre dans son histoire.

Southworth, dans un style très personnel, a adopté une solution qui à la fois le garantit et l'expose. Il s'est gardé d'être un "propagandiste". Il a choisit d'être un polémiste, ce qui souvent se pardonne moins. Il n'a jamais caché son camp, celui de l'Espagne républicaine. Il ne s'est pas donné de la défendre ou de l'exalter. Il s'est attaqué aux thèses de ses ennemis. Non aux thèses idéologiques qu'il connait et dont il comprend les fondements. Aux affirmations de fait, aux présentations des évènements, aux silences organisés, aux déformations systématiques. S'il se révolte, ce n'est pas contre l'aveuglement partisan, c'est contre le mensonge qui le nourrit. Southworth croit aux vertus de l'information, mais il en connait les pièges. Et, quand ont passé trente ou quarante ans, il n'admet pas qu'un aménagement entre demi-vérités et demi-mensonges se donne pour de l'histoire ».

Gernika Batzordea - Commission Guernica

Une initiative locale et citoyenne de Gernika-Lumo, qui a la capacité d’unir autant les citoyens que le monde académique. Des historiens du niveau de Manuel Tuñón de Lara, Herbert R. Southworth ou Pierre Vilar ont collaboré avec Gernika Batzordea.

« Le premier contact entre Gernika Batzordea et Herbert Southworth s’était produit après la mort du général Franco, le but était de l’inviter à participer, le 26 Avril 1977, à un débat entre historiens lors du 40ème anniversaire du bombardement. « Ses paroles étaient quelque chose de connu, mais qui ne s’étaient jamais dites publiquement face à des milliers d’auditeurs », l’on peut lire dans le prologue du cahier de divulgation publié postérieurement par Gernika Batzordea avec le titre « La vérité historique du bombardement de Gernika d’après Southworth ». Il s’agit d’un résumé du livre de l’historien « La destruction de Guernica », à partir des questions clé qui ont été scientifiquement approfondies dans le livre dans le but de faire connaître le bombardement : « les dimensions de la catastrophe ; de quelle forme eut lieu cette atrocité ; qui est, ou qui sont les responsables ; pourquoi attaquer et détruire complètement la ville de Gernika ? » La Commission remerciant, à la fin du prologue, le travail de Southworth, qui, selon Paul Preston, fut « le fouet intellectuel de la dictature de Franco en Espagne », avait édité ce cahier « en revendiquant la Mémoire collective ».

Pendant les années suivant la mort du Dictateur, l’initiative citoyenne, surtout au niveau local, s’organisa pour commencer à développer les différentes idées pour la récupération de la Mémoire historique. C’était le cas de Gernika Bonbardaketaren Batzorde Ikertzailea Commission pour la Recherche du Bombardement de Gernika, 1975. Cette initiative locale et populaire avait eu, en plus, la capacité de convertir en revendication générale de la société basque la demande pour que le Grand Tableau « Guernica » de Picasso soit amené au Lieu de la Mémoire, à la ville de Gernika-Lumo, revendication, à laquelle ont adhérés des personnalités de l’art et de la culture basques.  initiative populaire se fixait les objectifs suivants : promouvoir la recherche historique, le débat public et la diffusion de la connaissance sur le bombardement de la ville, le contexte de la guerre civile, la répression franquiste, etc. ; revendiquer, d’un point de vue humaniste et militant, Gernika-Lumo comme la place idéale pour le Guernica de Picasso ; réclamer l’ouverture des archives militaires et clarifier la question des responsabilités dans l’attaque, exigeant dans ce sens que l’unique version officielle sur le sujet, émise par le gouvernement franquiste en 1937, et encore soutenue aujourd’hui, soit définitivement démentie par une autre version officielle d’un gouvernement espagnol démocratique. Un fait, qui aurait, sans aucun doute, un caractère symbolique très important. En fin, convertir la ville de Gernika-Lumo en cité de la culture et de la liberté.

Cette Commission de recherche prendra postérieurement le nom plus simple de Gernika Batzordea. Il s’agit, en fait, d’un groupe mené par l’esprit d’appartenance à un peuple (Euskal Herria), avec une vision globale solidaire envers d’autres peuples, principalement avec ceux qui subissent la barbarie de la guerre. Établissant comme buts, la vérité, l’égalité et la justice sociale, nous sommes attentifs à tout ce qui arrive dans ce monde qui ne semble jamais tirer les leçons du passé.

Sur ce chemin, nous avons eu le soutien d’historiens, comme Herbert Southworth, pour qui nous avons réussi à ce que la Mairie de Gernika-Lumo dédicace une place. D’ailleurs, dès que nous avons connu la mauvaise nouvelle de son décès en 1999 nous nous sommes mis en rapport avec le Professeur Jean Chatelut, Maire de Saint Benoit-du-Sault, afin qu’il puisse faire parvenir à ses héritiers notre volonté de mettre sur son tombeau une épitaphe de reconnaissance. Grâce au bien faire de qui, postérieurement, deviendrait notre parfait complice, on peut lire inscrit sur la grande pierre :

« HERBERT R. SOUTHWORTH, Gernikako Bonbaketaren Ikertzaile Batzordeko KIDE TXIT KUTUNA »

(… Membre Très Préféré de la Commission pour la Recherche du Bombardement de Guernica) .»

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